ESCHBACH (Andreas) - Jésus Vidéo

Petite croisière dans le désert !

lundi 30 avril 2007 , par TiToc’h

Des fouilles en Palestine… Un squelette étonnant… Une bourse… Du plastique… Un papier… 2 papiers... 2000 ans… Un milliardaire… Une milice privée… Des scientifiques... Un grand écrivain allemand de science-fiction… Mélangez tout cela vigoureusement, laissez mijoter quelques mois et vous obtenez un bon roman policier.

Un bon roman policier oui ! Mais ce n’est pas tout. Ce serait sans compter l’auteur qui s’en mêle. En effet, au beau milieu du tout début apparaît un romancier allemand de science-fiction. Tout de suite l’esprit malin du lecteur attentif établit une corrélation entre l’auteur allemand en chair et en os habitant depuis 4 ans au Conquet et l’auteur virtuel habitant en Allemagne : sont-ils une et même personne ? Si c’est le cas, quel sens donner à la phrase suivante :
« Écrire comme un fou était le seul moyen de ne pas perdre la raison. » (page 163) ?
Et celle-ci donc :
« Les Allemands étaient champions toute catégories dans l’art de couper les cheveux en quatre. » (page 296).
Ne peut-on entrevoir un lien avec un autre roman très célèbre du même auteur écrit 3 ans plus tôt ? Mais oui bien sûr : « Des Milliards de Tapis de Cheveux ». Par contre, je n’avais pas imaginé que les héros de ce livre étaient d’origine allemande. Mais peut-être fais-je des raccourcis de coiffeur à propos de cette histoire.

Cette histoire, non pas celle là, l’autre, celle qui nous concerne, se passe, elle, tout à fait banalement sur Terre, et sur le sable ou dans le sable pour être précis, dans un pays connu, dans des temps actuels que nous connaissons bien . Tout est fait pour nous rassurer.

Nous rassurer oui, mais pas seulement. Les découvertes au fond de la zone de fouille n°14 ne nous laissent pas indifférents. On en vient à se poser des questions d’ordre métaphysique, physique, chimique, électronique, papétrique et j’en passe. On en vient finalement à se demander qui ment. Qui cache quelque chose. Où est le truc.

Le truc, tout magicien en a. Andreas Eschbach en a un aussi. Son truc à lui, se situe plus au niveau de la narration et de son rythme. Il parvient à maintenir le lecteur en haleine, en utilisant le procédé bien connu des lecteurs de Dan Simmons. Il coupe ses chapitres et change de personnage juste au moment où l’action du personnage principal, que l’on s’accapare à la première personne du singulier, se trouve dans des phases cruciales.

Des phases cruciales, pour les personnages, il y en a effectivement un nombre certain. De cette façon le suspens à court terme tient bon. Mais des phrases cruciales il en existe aussi quelques unes dans l’évolution de l’intrigue. Elles défient le lecteur et lui mettent du piment dans les méninges.

Du piment dans les méninges, oui mais juste ce qu’il faut. Un peu plus et ça picoterait sec. Ici, la recette est bien dosée et le lecteur attentif parvient à anticiper la fin de l’histoire 300 pages avant la fin.

Jésus Vidéo - Andréas Eschbach - Edition l'Atalante300 pages avant la fin ! Vous me direz que le piment est sous dosé ! Mais ai-je dit que ce qu’anticipait le lecteur était exact. Non ! Heureusement d’ailleurs ! Car lire 300 pages en sachant ce qu’il va se passer à tout moment, cela devient un tantinet ennuyeux.

Un tantinet ennuyeux point n’en est. Alors cela veut-il dire qu’il y a tromperie ? Force est de constater que l’auteur nous ment, nous traîne dans des traquenards où nous plongeons la tête la première, alors que le héros, lui, pas du tout. Autrement dit hâtez vous d’oublier vos conclusions hâtives. Sachez qu’Andreas Eschbach maîtrise les éléments et en bon capitaine sait parfaitement nous mener en bateau.

Nous mener en bateau certes ! Et en plein désert de surcroît ! Sacré tour de force. C’est peut-être là que se trouve le tour de magie.

Car tour de magie, il y a et vous en dire plus, serait trop. Mieux vaut donc en rester là et vous laisser piéger dans les méandres de cette intrigue au milieu des sables mouvants où vous n’aurez de cesse de vous enfoncer avec plaisir jusqu’à la toute dernière page.

PS:Comme c’est curieux : cette chronique ou ce roman serait-il hors sujet sur ce site ?

PPS : Ami coiffeur, sache que je n’ai absolument rien contre toi. La moquerie n’en est pas une il s’agit d’un raccourci un peu facile (je te l’accorde) pour agrémenter un jeu de mots laborieux.

PPPS : Ca me fait penser qu’il faut que je me précipite chez toi ! Ô bienveillant raccourcisseur de nos chevelures délicates.

PPPPS : La vision de Blÿnt sur le même ouvrage : chronique et illustration

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