ESCHBACH (Andreas) - LE DERNIER DE SON ESPECE

lundi 30 avril 2007 , par blynt

Un homme se réveille dans sa chambre et résume la liste de ses douleurs ; sa chambre se trouve dans sa maison et son cottage, dans un village perdu mais côtier d’Irlande.

Cet opus d’Eschbach pourrait lentement sombrer dans la banalité d’un roman régionaliste mais ce serait méconnaître la manière dont cet auteur brise les situations convenues pour s’autoriser à développer un bon polar à partir d’une source science-fictionnelle.

En réalité,

LE DERNIER DE SON ESPECE

compose le chant du cygne du cousin de "l’homme qui valait trois milliards", "TERMINATOR" vieillissant (pour ne pas dire rouillant), Duane Fitzgerald plonge dans un complot militaire visant à le faire disparaître de la surface de la terre.

Car en fait, LE DERNIER DE SON ESPECE devait être le premier d’une nouvelle race de soldats invicibles avant que l’on ne réalise l’échec de cette entreprise absurde (pour s’engager vers de nouvelles perspectives toutes aussi...militaires).

Témoin gênant d’une expérience visant à créer des surhommes (suivez mon regard : l’histoire humaine fourmille de ces inclinations à chaque stade de l’évolution des progrès scientifiques), Fitzgerald est confronté à un contexte qui le dépasse malgré ses capacités physiques (car , comme tout "surhomme", il souffre d’un talon d’Achille...).

Comme toujours, on ne peut réduire un roman d’Eschbach à un genre ou à un thème spécifique.

En effet, Sénèque est convoqué à chaque début de chapitre pour mieux mettre en perspective les situations que traverse le protagoniste, pour opposer la réflexion à l’action, la sagesse antique à l’absurdité contemporaine...

Comme souvent , l’absurdité (des hommes et leurs projets) domine le fond du roman d’Eschbach. Encore une fois, Eschbach place l’Humanité devant son inanité en peignant la quête, vaine et illusoire, du surhomme bionique n’ayant que l’Amour comme dernière pensée....

1 Message

  • LE DERNIER DE SON ESPECE 6 octobre 2007 09:21, par TiToc’h

    Que dire de plus ?
    « Le dernier de son espèce » est un roman de science fiction : un peu, policier : un peu, d’amour : un peu également.

    Mais l’essentiel n’est pas là. L’essentiel de ce roman peut se résumer à une phrase : « Il y avait tant de choses que j’ignorais de ce pays même après y avoir passé la quart de ma vie ! ».
    Le héros retraité Duane Fitzgerald, qui vaut quelques milliards tout de même, est un surhomme. Mais un surhomme handicapé. Handicapé dans le sens figuré : incapable de boire un café ou une bière, incapable d’avoir des amis afin de ne pas dévoiler ses secrets. Son seul ami est le médecin à qui Duane aura été obligé de dévoiler son lourd secret.

    Le roman nous fait suivre les tribulations peu ordinaires d’un retraité peu ordinaire tout en nous signifiant qu’à tant vouloir éviter la mort on finit par oublier de vivre.

    S’il fallait trouver un autre titre à ce roman j’aurais bien vu : « Carpe Diem, la preuve par l’absurde ».

 
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