La Loi du plus beau de Christophe Lambert.

mercredi 1er août 2007 , par slabbe

Un roman prémonitoire

La Loi du plus beau de Christophe Lambert.

Il semblerait que ce Christophe Lambert n’ait rien à voir avec l’immortel interprète de Highlander, ouf ! Avec La loi du plus beau, roman publié en 2004 chez Mango, il signe un texte prémonitoire, la page 37 évoque, en guise d’inquiétant décor, un numéro 7 rue du « président Sarko », adresse à laquelle se réunit un groupe de révolutionnaires. Et ce groupe révolutionnaire a pour objectif de lutter contre la loi du plus beau, loi discriminatoire qui consiste à classer les citoyens en catégories de 1 à 5, selon des critères de beauté (l’ « échelle Apollon ») établis par l’état, autrement dit du thon au super canon. Doit-on cette loi au président qui donne son nom à la rue ? Le roman ne le dit pas. Cette hypothèse semble aussi farfelue que celle qui consisterait à imaginer un petit brun à la moustache noire promouvoir et exalter les grands blonds aux yeux bleus. Le roman est bien ficelé, l’héroïne Karol, jeune mère célibataire appartenant à l’immense majorité des catégories 3, galère pour trouver un travail : physique trop quelconque. Elle rejoint donc Héphaïstos, le groupe révolutionnaire déjà cité mais refuse de céder aux sirènes de l’extrémisme. Le roman est à classer dans la lignée des dystopies et fonctionne sur le schéma classique du révolté contre la société. L’idée originale est évidemment cette échelle d’Apollon, peut-être suggérée par les travaux de Jean François Amadieu, (son essai, Le poids des apparences est sorti en 2002.) Comme toutes les dystopies l’auteur pointe un fait de société dont il accuse les conséquences, résultat : cette réjouissante tyrannie de la beauté. Le lecteur peut d’ailleurs lui même se situer dans l’échelle d’Apollon puisque l’auteur à la bonne idée de la faire figurer en ouverture. Comme la majorité des romans édités dans la collection « Autres Mondes » de chez Mango, le roman est bien écrit, on sait les exigences du directeur de collection, Denis Guiot. On regrettera juste la faiblesse du scénario qui a néanmoins le mérite d’aborder un questionnement qui touche les adolescents de près et conduit à réfléchir sur cette tyrannie de la beauté à laquelle ils sont sans relâche appelés à se soumettre.

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