Le Labyrinthe de PAN

de Guillermo del Toro (2006)

dimanche 30 septembre 2007 , par blynt

"Fantaisie Finale"

"LE LABYRINTHE DE PAN" ne conviendrait peut-être pas à un amateur de "Arthur et les Minimoys" !

En effet, si l’on vient voir le "Labyrinthe" comme un film d’Heroic Fantasy classique, on risque de se trouver fort désappointé. Et même si l’on aperçoit des fées et un faune, l’histoire se met en place lentement et les séquences oniriques se font attendre (pour notre plus grand plaisir).

Mais ici, la "fantasy" apparaît pour ce qu’elle est pour beaucoup, une échappatoire à la vie réelle : on peut ouvrir le champ et évoquer d’une certaine manière le "Merveilleux" dans lequel les séquences oniriques se glissent. Pourtant, comme dans la "fantasy", les épreuves se succèdent mais le résultat semble improbable. On y trouve également un livre magique dans lequel les pages blanches se remplissent "par anticipation" par des signes, illustrations et textes selon le seul regard et l’imagination de la jeune fille dont on suit le parcours initiatique et dramatique.

Le montage alterné (entre réalité et fiction) entraîne la protagoniste dans un labyrinthe où elle se perdra laissant le spectateur glacé, impuissant devant l’horreur de la situation (historique) .

Exorcisme d’une guerre fratricide atroce, les séquences du film de Guillermo del Toro surgissent baignées dans une rare violence, celle de la crudité de la réalité, malheureusement .

Aussi, pour échapper à toute réalité trop difficile, chaque enfant développe une faculté à inventer des situations personnelles imaginaires (voyez Besson) mais ici, l’issue du labyrinthe et de la fiction se termine douloureusement, sans issue, fatalement.

Sergi Lopez, impeccable, inquiète mais ne nous fait plus rire dans son costume raide de militaire fasciste : ce film en opposant radicalement les deux univers présente un travail de mémoire d’une Espagne à jamais meurtrie.

Ce film d’une rare sobriété (quant à l’ouverture vers le fantastique), déroutant, n’en demeure pas moins d’une grande force et d’une singularité indéniable.

Del Toro ne nous propose pas là un "cinéma anémic" (merci Marcel...Duchamp) mais au contraire, un film qui ne nous laisse pas indemne : enfin de l’Heroic Fantasy qui ne plonge pas le spectateur dans le chloroforme fictionnel !

Bravo donc à Guillermo pour cette Fantaisie Héroïque...

Blynt

 
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