DURHAM David Anthony : Acacia

mercredi 22 avril 2009 , par Philippe Gestin

Malgré ou peut-être à cause d’un flot constant de parutions, il n’est pas si fréquent d’être vraiment enthousiasmé par un bouquin de fantasy. Je parle là du livre qui vous tient pendant plusieurs heures ou jours sans vous lâcher vraiment. Les auteurs qui y parviennent le font le plus souvent renouvelant le genre, tel Scott Lynch et ses « salauds gentilhommes ». Avec le tome 1 d’Acacia, l’Américain David Anthony Durham remporte le morceau en travaillant sur une veine des plus classiques. Jugez-en : un roi fatigué règne sur un vaste empire composé d’une mosaïque de peuples soumis depuis des lustres. La puissante Ligue des Marchands assure un lien économique essentiel avec un monde extérieur redouté. Le roi gouverne depuis l’île d’Acacia, entouré de ses quatre enfants et cernés par les doutes, lorsque les Meins, farouche peuplade exilée au Nord, entrent en rébellion, aidés par des alliés monstrueux. La guerre et la mort déferlent dans toutes les provinces... Les quatre enfants doivent se disperser d’abord pour survivre, ensuite pour reconquérir leur bien. Voilà un synopsis qui ne donne guère envie de grimper aux rideaux, à moins d’être un de ces fans indécrottables qui se pâment aux seuls mots d’elfe, château ou dragon... Et pourtant, on est d’emblée captivé par l’aventure jusqu’à dévorer ces 700 pages presque sans faillir. L’auteur déploie une belle écriture, apte aussi bien à décrire les sentiments intimes de ses personnages qu’à brosser des batailles homériques. Le premier chapitre est à ce titre un modèle : le lecteur suit le cheminement d’un tueur depuis une forteresse du Nord jusqu’au lieu de son crime. Les paysages traversés et la détermination de l’assassin sont mis en rapport de façon si maîtrisée que l’on a forcément envie de creuser les jalons ainsi posés. A travers les péripéties imposées aux différents protagonistes, c’est ensuite un univers cohérent et passionnant qui se dessine, avec à la clé quelques jolies trouvailles (le dénouement de la première grande bataille n’est pas la moindre). Durham est également assez malin pour offrir un rebondissement inattendu alors que la conclusion semblait toute tracée. Cette guerre du Mein fait partie des bonnes surprises de l’année. On espère que la suite sera du même tonneau.

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