Dan Simmons - Flashback

dimanche 12 août 2012 , par Philippe Gestin

Flashback, un livre à oublier.

Le tout, c’est de rester zen. Zen alors que, pensant acquérir un chouette thriller d’anticipation (pensez donc, le dernier Dan Simmons), on s’est retrouvé avec un infâme pamphlet ultra droitier.

Flashback donc (c’est le titre). Nous sommes en 2035. Les Etats-Unis se sont désintégrés sous le poids d’une ruine financière autant que politique. Les Hispaniques (Mexicains et affiliés) en ont profité pour reconquérir le Nouveau-Mexique et menacer la Californie. En Europe ou au Canada règne, brutalement cela va sans dire, le Nouveau Califat islamiste qui a, au passage et par pur fanatisme, anéanti Israël. Seul le Japon s’en sort grâce à un élégant retour aux valeurs féodales.

Et tout ça, c’est la faute à qui, me demanderez-vous ? Eh bien, c’est simple et écrit noir sur blanc : ce grand bordel, est la conséquence de la politique d’aides sociales menée en son temps (le nôtre donc) par le président Obama. Qui est coupable également d’avoir relâché la pression sur ces fourbes de musulmans. Reprenant les thèses ultra réac du mouvement Tea Party, l’argumentaire, amené de façon assez subtile la première fois, revient au fil des pages de façon de plus en plus insistante et lourdingue. Jusqu’à culminer dans un épilogue particulièrement grotesque avec nos amis les Texas Rangers en guise de sauveurs de la civilisation, si, si ! Au passage, le lecteur ébahi aura appris également que le réchauffement climatique, c’est du pipeau et que ces profiteurs d’Amérindiens vivent dans le luxe. Ben voyons, prends-nous pour des truffes en plus !

D’aucuns argueront que le lecteur peut très bien se passer de cette dimension politique et lire ce bouquin en se contentant de suivre l’intrigue. Comme Dan Simmons est tout sauf un manche en écriture, le thriller sur fond de drogue, le flashback qui permet de revivre ses souvenirs, fonctionne de fait correctement même s’il n’y a guère d’originalité là-dedans. Sauf que non. Le contexte n’est pas un simple arrière-plan mais se révèle le moteur même des personnages et du récit. La rédemption du héros est à ce titre particulièrement ridicule.

Et il n’y a pas de doute sur la marchandise : dans ses remerciements, Simmons salue son agent et ses éditeurs « d’avoir compris ce dont parle réellement le roman ». T’inquiète, Dan, on a compris également : ton livre est une belle escroquerie.

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