Les nouvelles gagnantes du concours « Robotique et paresse »

lundi 21 avril 2014 , par David Soulayrol

Les associations « Pérégrine » et « Plume, Ciella et Cie » ainsi que la médiathèque de Lannion organisaient en ce début de l’année 2014 un nouveau concours de nouvelles. Les détails et le règlement étaient présentés dans cet article.

Nous avons reçu 22 textes, du Trégor bien sûr, mais aussi de Lamballe, de Nantes, d’Isère et même de Martinique. De l’avis général, le niveau moyen était très bon et, si certains ont joué avec la définition du huis-clos ou celle de la paresse, aucun réel hors-sujet n’était à déplorer. Les nouvelles exploitant dans l’ensemble le nombre de signes autorisé, cela fait donc environ 220000 signes et plus d’une centaine de pages que le jury a dû lire, et en partie relire. Bien entendu, pour son plus grand plaisir.

Des thèmes communs se dégagent nettement des textes proposés : l’inversion du rôle des hommes et des robots, la paresse des humains supplée par les robots, la découverte de la paresse par les robots... La majorité des œuvres présente les robots sous une forme anthropoïde, et leurs auteurs se distinguent entre ceux qui connaissent les classiques du genre et les ont mis en évidence, et ceux qui les ignorent ou qui ont voulu s’en affranchir.

Afin de donner un meilleur aperçu de l’éventail reçu, qu’il me soit permis d’évoquer quelques textes marquants, en toute subjectivité. 2222 est le récit plaisant d’une famille déliquescente par un robot musicien volubile au ton monocorde. Travail bouclé raconte de manière ironique, dans un décor qui n’est pas sans rappeler Les Cavernes d’Acier d’Isaac Asimov ou Les Monades urbaines de Robert Silverberg, la paresse qui gagne de manière égale un tueur à gage et le robot auquel il délègue sa tâche. P = 1 > P = 0 raconte l’histoire d’un robot qui échappe à sa servitude et se consacre à l’art, et Markie ne veut plus celle d’un robot qui découvre la paresse et débat de l’utilité du labeur. La paresse est un vilain défaut, parfois fatal, ardemment défendue par l’un d’entre nous, narre les journées d’une femme esseulée et désœuvrée entre des robots efficaces et moralisateurs, et un mari entièrement dévoué à son travail. Paparesse évoque l’isolement d’un homme et d’un robot cachés dans un bunker tandis qu’une révolution gronde tout autour. Seconde vie l’abandon d’un homme à un jeu vidéo simulant entièrement son existence. Etc.

22 manières originales de répondre à l’énoncé donc. Mais voici les nouvelles choisies cette année après concertation, et célébrées ce samedi 19 avril, lors d’une petite sauterie fort agréable durant laquelle nous avons pu discuter avec les trois auteurs choisis :

  1. L’homme et le robot, François Bridet
  2. Oaxalt, Pierre-Antoine Ksinant Garcia
  3. DRO-1-d, Nicolas Descharmes

Nous souhaitons aux élus un repos bien mérité sur leurs coussins brodés pour l’occasion.

 
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