MIEVILLE (China) - Perdido Street Station

mardi 17 octobre 2006 , par Philippe Gestin

Bardé de prix, « Perdido Street Station » est l’un des chocs littéraires de ces dernières années. Sa sortie en poche est une excellente occasion de le (re)découvrir.

Quatrième de couverture : Nouvelle-Crobuzon, une métropole tentaculaire, polluée, démentielle, au cœur d’un monde insensé. Humains et hybrides mécaniques y côtoient les créatures les plus exotiques à l’ombre des cheminées d’usine, des fabriques et des fonderies. Depuis plus de mille ans, le Parlement et son impitoyable milice règnent sur une population de travailleurs et d’artistes, d’espions, de magiciens, de dealers et de prostituées. Mais soudain un étranger, un homme-oiseau, arrive en ville avec une bourse pleine d’or et un rêve semble-t-il inaccessible : celui de retrouver ses ailes... Alors que la pire des abominations, des êtres qui manipulent l’inconscient, est lâchée sur Nouvelle-Crobuzon. Ami lecteur, suivez le guide : China Miéville a fait d’une ville, Nouvelle-Crobuzon, son personnage central. Il entraîne le lecteur, quitte à l’égarer parfois, dans les quartiers d’une cité monstrueusement agencée, en déliquescence, boursouflée où vit, et survit surtout, une multitude hétérogène. Les Humains y côtoient, plus ou moins, des créatures mi-femmes mi-insectes, des Vodyanoi façonneurs d’eau, des cactus piqués au vif, des artefacts de ménage et plein d’autres encore. Pour compléter le tableau, se rapprochant alors d’un Jérôme Bosch, China Miéville atteint des sommets d’horreur avec ses Recréés. Tout ce « joli » monde évolue sous l’œil omniprésent de la milice qui veille au maintien du pouvoir et la richesse d’une minorité. Une vieille histoire en somme, mais un univers totalement neuf où se distinguent les figures, tout sauf communes, d’Isaac Dan der Grimnebulin, savant dingo mais attachant, de sa copine sculpteuse Lin, de Yagharek le Garuda sans ailes, de Derkhan la révoltée… Une initiative malheureuse du premier va jeter un chaos supplémentaire sur la Nouvelle-Crobuzon, une menace terrifiante qui oblige faibles et puissants à des rapprochements contre nature. L’écriture est à l’image de cette ville, foisonnante, bouillonnante d’idées. De multiples destins et histoires s’entrecroisent aux carrefours de rues étranges, l’intrigue s’accélérant sans cesse. Les descriptions sont ici essentielles mais, contrairement à d’autres gros bouquins ambitieux, les personnages ont aussi une vraie substance. Ce roman exigeant, puissant, renouvelle complètement le genre. Le terme « fantasy » mis en couverture de l’édition de poche apparaît bien réducteur pour ce livre épatant, qui bénéficie qui plus est d’une excellente traduction. Un arrêt à Perdido Street Station est donc plus que recommandé.

Articles les plus populaires

Rencontre avec Pierre Bordage (15/16)

par Nath, Vero, Popularité : 100%

Rencontre avec Pierre Bordage (5/16)

par Nath, Vero, Popularité : 100%

Rencontre avec Pierre Bordage (4/16)

par Nath, Vero, Popularité : 100%

Rencontre avec Pierre Bordage (10/16)

par Nath, Vero, Popularité : 100%

Rencontre avec Pierre Bordage (9/16)

par Nath, Vero, Popularité : 100%

Rencontre avec Pierre Bordage (14/16)

par TiToc’h, Vero, Popularité : 100%

 
SPIP  —  Contactez l'association.