Les Technopères

Jodorowski & Janjetov & Beltran

mardi 30 janvier 2007 , par yann

Le tome 8 de la série des technopères sortie en septembre clôt ce cycle.

Jodorowski pour le scénario (l’Incal, les Métabarons etc...) et Janjetov pour le dessin (avant l’Incal). On s’attend donc à un scénario assez tordu et des dessins à la Moebius (l’Incal).

Cette série est-elle vraiment à la hauteur de leur réputation ?

Résumé

Aux commandes d’un vaisseau intersidéral, un vieil homme aux cheveux blancs et à la peau parcheminée se souvient. Il s’appelle Albino. Il se souvient de sa jeunesse, quand il n’était encore qu’un jeune garçon à la poursuite de son rêve le plus cher : devenir concepteur de jeux virtuels. Aujourd’hui, il a dépassé son objectif. Il est devenu Suprême Technopère. Mais la route fut longue, parsemée d’embûches et de déceptions. Quête initiatique mâtinée de Shakespeare et résonnant d’accents bibliques, le cycle des Technopères refuse une société dominée par la seule technique et plaide pour un monde où "les relations humaines heureuses seront plus importantes que le développement technologique"...

Critique

Les dessins : froids, métallisés, numérisés et les couleurs (faites par ordinateur) s’allient bien avec le scénario : une société future gouvernée par la technologie. Il convenait donc d’utiliser des méthodes technologiques(CLV modernes ?). Le dessin est donc complètement déshumanisé et l’informatique volontairement omniprésente. Malheureusement, en ce qui me concerne je préfère un bon vieux dessin et de bonnes vieilles couleurs. Même si le but est d’appuyer le scénario (technologie omniprésente contre une humanité inéxistante) et son côté glacial, cela reste assez désagréable.

Côté scénario, le début est plutôt bon, on se prend vite au jeu et on aime écouter le vieil Albino nous raconter sa vie. On se prend au jeu à se demander comment il a fait ci, comment il a fait ça ? Va t-il s’en sortir ? Etc... Cependant, La fin est bien moins réussie. Elle se déroule non plus dans le passé d’Albino mais dans son présent. Il tente de trouver sa terre promise pour y vivre en paix loin de toute technologie et dans l’amour de son prochain. La morale est louable mais un peu puérile à mon gout.

D’autre part, j’aurais eu un avis bien plus positif si la fin avait su garder un côté mystérieux. Au contraire, Jodorowski a choisi de nous faire un happy end plus que complet : Le tome 8 tout entier est consacré à la découverte de la planète. On va les voir découvrir cette terre promise et l’amadouer (un peu trop facilement qui plus est). Je pense qu’une simple page aurait suffit : le vaisseau s’approche d’une planète et découvre qu’elle est habitable. On verrait alors une image avec tous les passagers du vaisseau, heureux d’arriver enfin au terme de leur voyage. Bref, ce tome plombe la série en enlevant tout le mystère qu’Albino créait pendant sa narration.

Pour conclure je dirais qu’il faut d’abord lire cette BD avant de l’acheter, si je n’ai pas trop aimé c’est tout simplement que ce n’est pas mon style. Cela reste une BD bien conçue, cohérente et surprenante. Du Jodorowski quoi ! Si l’on arrive à dépasser le côté numérique du dessin et l’accepter pour son côté utile au scénario, alors on doit pouvoir réellement apprécier cette série. Du reste la fin a été un peu baclée et aurait pu être plus travaillée et nous laisser l’eau à la bouche comme ce fut le cas pour les Métabarons.

  • Scénario : Alexandro Jodorowski
  • Dessin : Zoran Janjetov
  • Couleurs : Fred Beltran
  • Édition : Les Humanoïdes Associés
  • Public : ado et +

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